Promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie en tant que pierre angulaire de notre économie fondée sur la connaissance

Il est temps de changer de route 

L’enseignement dans la Région de Bruxelles-Capitale est une compétence communautaire : les communautés française (Fédération Wallonie-Bruxelles) et flamande y organisent chacune - dans un rapport de 80-20 - leurs activités éducatives. Un patchwork donc, avec des défis particuliers. 

En effet, notre capitale possède le plus grand réservoir de talents du pays. À une époque où les nouvelles technologies se succèdent à une vitesse effrénée et où la transition verte bat son plein, une bonne formation de base en STEM ainsi que des soft skills feront la différence dans le monde des entreprises. Parallèlement, il est urgent de mettre en place un système solide d’apprentissage tout au long de la vie.


Capacité insuffisante au niveau des écoles

La population bruxelloise est jeune et très diversifiée, ce qui pose des défis très spécifiques à l’organisation de l’enseignement dans notre capitale. De plus, la population augmente rapidement et les écoles atteignent leurs limites en termes de capacité.

Sous-capacité 

Pour l’année scolaire 2019-2020, il y avait 175 écoles néerlandophones, dont 140 écoles maternelles et primaires et 35 écoles secondaires. C’est au total 26 de plus qu’en 2005, mais c’est loin d’être suffisant pour accueillir tous les enfants. 

L’enseignement francophone doit rattraper son retard en matière d’enseignement technique et professionnel. Perspective.Brussels parle d’un manque de 3.000 places.

Notre pays descend encore dans le classement PISA

En matière de mathématiques et de compétence en lecture, notre pays recule dans le dernier classement PISA. Il en va de même pour la participation à l’apprentissage tout au long de la vie : 19,9 % des 25-64 ans ont suivi une formation en 2021, ce qui ne représente qu’une amélioration minime par rapport à l’année précédente (19,6 %). 

Les chiffres d’Eurostat sont également éloquents : seuls 45,2 % de la population déclarent avoir suivi récemment une formation. Et 41,8 % admettent honnêtement qu’ils ne souhaitent pas le faire.

Inadéquation entre la formation et le marché du travail

Les chiffres de l’OCDE de 2019 montrent que chez 28,7 % des Belges (32,2 % en moyenne pour l’Europe), on observe une « inadéquation du domaine d’études » : la dernière formation ne correspond pas au secteur d’emploi de la personne. L’apprentissage sur le lieu de travail est donc une nécessité pour améliorer l’alignement entre formation et marché du travail.


Roadmap pour une prospérité durable

#1 Ne pas investir plus, mais différemment 

Rentabiliser l’apprentissage sur le lieu de travail 

Il convient tout d’abord de rationaliser l’offre en ne proposant désormais certaines formations de l'enseignement technique et professionnel que dans le cadre de l'alternance. Adapter plus rapidement les matières à la réalité du marché du travail en limitant le processus d’adaptation des qualifications professionnelles à trois mois, en intégrant des rôles, en prévoyant des profils génériques et en assouplissant la traduction en formations. En outre, Agoria propose d’intensifier l’apprentissage sur le lieu de travail faisant en sorte que 10 % des cours des enseignements secondaire et supérieur se déroulent chaque année sur le lieu de travail. 

Accorder une plus grande marge de manoeuvre aux directions d’école 

Pour ce faire, il convient de faire appel à des fournisseurs d’EdTech afin de maximiser l’utilisation du matériel numérique dans les programmes d’apprentissage. Agoria demande également que le statut d’enseignant en alternance soit ancré, que les emplois flexibles soient autorisés dans le secteur de l’enseignement et que le financement par composantes soit approuvé. 

#2 Renforcer les compétences numériques et STEM 

Outre la connaissance des applications technologiques et numériques actuelles, les travailleurs doivent également être en mesure de faire face au changement et aux innovations futures. Il est essentiel de mettre l’accent sur l’enseignement technique et d’investir dans les infrastructures. Des investissements tels que l’ouverture récente d’une école technique (Egied) près de la Gare de l’Ouest à Molenbeek méritent donc d’être soutenus et encouragés. 

Davantage d’experts en STEM seront nécessaires pour développer et mettre en oeuvre les technologies, mais les compétences STEM de base doivent aussi faire l'object d'une attention suffisante. Il est indispensable d’intégrer les compétences numériques dans la formation des enseignants, afin de garantir une éducation de base à chaque élève et étudiant. Enfin, il convient que les formations STEM soient fondées sur des données probantes afin que les actions puissent être ajustées de manière ciblée.

 

#3 Développer un système d’apprentissage inclusif qui incite à l’excellence 

Les régions de la connaissance qui obtiennent un score élevé en matière d’apprentissage tout au long de la vie visent un système d’apprentissage ouvert : chaque citoyen peut apprendre à n’importe quel moment de son parcours, sans restriction concernant les formations complémentaires. Parallèlement, la formation continue est la responsabilité partagée de l’individu, de l’employeur et du gouvernement. 

Agoria demande que soit rendue obligatoire une orientation scolaire non contraignante lors du passage de l’enseignement primaire à l’enseignement secondaire. Par la suite, chaque jeune devrait se voir offrir toutes les opportunités. À cette fin, il est nécessaire d’ouvrir la discussion sur les conditions préalables à un report de l’âge d’obligation scolaire et de compléter l’offre de formation par un master professionnel. 

Nous recommandons que les entreprises soient reconnues en tant que fournisseurs de formation et que soient prévus dans ce cadre des comptes individuels d’apprentissage et de carrière. Les prestataires de formation devraient quant à eux faire en sorte que leurs formations soient axées sur la demande et dispensées de façon autonome plutôt que subventionnée.

Technology for a better world 

L’enseignement est également au coeur de la stratégie de durabilité d’Agoria. L’industrie technologique est un employeur important et souhaite créer et pourvoir des emplois supplémentaires dans les années à venir. Nous considérons qu’il est de notre devoir d’offrir au plus grand nombre de personnes possible des emplois de valeur sur un marché du travail sain, en accordant une attention particulière au développement personnel et à l’employabilité durable.

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